Dimanche dernier, j’étais chez des amis et nous sommes amusés en grands enfants que nous sommes - mais avec
l’alibi des leurs, d’enfants - avec leur wii. Sauf que cette redoutable machine a l’indélicatesse, lors de la création d’un nouveau profil de peser le nouveau venu… moi en l’occurrence. C’est
bien parce que ce sont de très vieux et de très bons amis que je me suis pliée à la tradition wiiesque et j’ai alors découvert avec joie et surprise que j’avais quitté, de peu mais quand même, le
club très fermé des obèses qui se définit par un rapport Poids/(taille)2 > 30.

La machine n’annonce en effet pas le poids mais calcule l’IMC ou Indice de Masse Corporelle
Enfin pas si fermé que ça puisque je lis aujourd’hui dans la presse que l’obésité concerne désormais 6,5 millions de français soit 14% de
la population. Les français ont pris en moyenne 3 kilos (et je dois confesser ici publiquement que j’ai dû faire monter artificiellement cette moyenne parce que dans mon cas on peut presque
rajouter un zéro derrière le 3…) en douze ans et c’est un réel problème de santé publique.
Je n’ai pas caché le retour de mes problèmes de compulsions alimentaires des dernières semaines, et j’avais été
agréablement surprise de constater en me pesant ce weekend que j’avais fait plus que limiter la casse puisque j’avais maintenu le petit kilo perdu depuis le retour du trek et pas repris de poids
depuis plus de 2 mois donc que je suis rentrée. Mais à quel prix !
Une bataille du quotidien où je dois résister pour ne pas me précipiter et sortir acheter les plaquettes de
chocolat et autres douceurs chocolatées que j’ingurgiterais sans retenue mais qui calmeraient, au moins pour un temps, les angoisses. J’ai mis longtemps à en parler et plus encore à utiliser le
mot boulimie, notamment parce que ça me met très très mal à l’aise. Mais l’absence totale de contrôle et la répétitivité des accès au point d’entrainer des prises de poids de plusieurs kilo en un
mois (voire souvent en une semaine) rendent le mot grignotage bien doux et gentil par rapport à une réalité qui ne l’est pas du tout. Que je me restreigne, au moins au début, aux aliments
chocolatés et sucrés quand certaines boulimiques que j’ai vues dans des reportages mangent des boites de cassoulet sans même les chauffer n’y change rien.
J’ai depuis mon adolescence un rapport compliqué à la nourriture et j’ai tendance à compenser mes difficultés
en mangeant les choses que j’aime et qui me calment. Ce qui se voit de plus en plus sur la balance. J'ai donc testé la quasi totalité des régimes existants sur le marché pour reperdre quelques
kilos, le plus souvent n'importe comment. Ca, j'en ai perdu du poids, mais j'en ai repris plus encore au fil des années. Je connais maintenant parfaitement la théorie d’une alimentation saine et équilibrée, mais c'est la pratique qui pêche. Les kilos sont là, bien installés et sont un vrai baromètre de mon humeur.
J’aime manger, et mon magicien le sait qui me fait plaisir en me cuisinant les plats que j’aime. J’aime aussi
faire à manger aux gens que j’apprécie et cuisiner quand je reçois du monde. Mais je suis aussi une grosse faignasse qui ne se cuisine rien quand elle est seule. Un bon repas se savoure et se
partage pour moi. A plusieurs.
Quand je suis seule, j’ingère les parts nécessaires de protéines, sucres et lipides mais la notion de
plaisir est moindre. La solitude, c’est le terrain secret de mes accès boulimique.
Si je n’avais pas les treks qui chaque année m’obligent à me reprendre en mains avant le départ et me font
perdre un peu de poids, je serais depuis longtemps bonne à rouler.
Alors je compense en mangeant à l’extérieur à midi en général, des repas équilibrés après un petit déjeuner. Le
soir et le moment du retour à la maison sont actuellement des moments redoutés et redoutables où il me faut me battre et résister aux envies. Après une phase épuisante et très difficile ces
dernières semaines, ça a heureusement l’air de se tasser pour le moment. Et mes weekends sont conviviaux puisque je suis rarement chez moi et mange en famille, chez les amis ou avec mon
magicien. Mon magicien qui est particulièrement tolérant et encourageant. Il n’est jamais culpabilisant alors qu’il m’a vu passer par toutes les tailles depuis le temps qu’on se connait. Il me
dit ne pas avoir de préférence de taille sinon celle dans laquelle je me sens bien. Son soutien m’est une vraie force actuellement. Ca ne m’empêche pas toujours de craquer, mais je peux lui en
parler sans honte et souvent dédramatiser en riant avec lui ces kilos qui me font tellement souffrir.
Un billet en désordre sans vrai fil conducteur mais tant pis ;)
Edit : J'ai trouvé mon fil ET ma transition ;)
Pat la fourmi cite un article (clic) qui parle d'un lien qui existerait entre l'obésité à
l'adolescence et un risque doublé de développer une sep à l'âge adulte.
Je n'étais pas obèse à l'adolescence, mais je vois mon neuro ce soir ;)
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