La nouvelle saga de l'été de la mort qui tue (épisode 3)

Publié le par pandora

Vous avez découvert Tanguy qui veut jouer les Robinson Crusoé, vous trouverez la version complète, dont cette épisode, ici


Je suis brutalement tiré de mon sommeil par de la musique tribale, des bruits de percussion très graves avec une mélopée dans une langue qui me semble étrangement familière. J’émerge doucement avec une terrible migraine : pour fêter mon naufrage, j’ai bu toutes les canettes de bière que j’avais trouvées alors que je ne bois jamais une goutte d’alcool. Cela tape dans ma tête, mais sur une rythmique différente de celle de cette musique indigène si bien que l’effet est plutôt décevant mais surtout très agaçant. J’ai aussi un peu envie de vomir. Je crois que j’ai ce qu’on appelle une « gueule de bois ».

Alors que je me relève pour voir d’où viennent ces bruits, j’ai tout d’un coup très envie de vomir. Pire que le mal de mer.  « Montagne-Neige-Montagne-Neige » désolé ! Comment font donc tous ces gens pour boire à s’en rendre malade, ça n’a vraiment aucun sens. Dire que c’est moi qu’on traite de fou !

Pour faire passer la nausée, et les migraines, j’essaie de me concentrer sur la musique. On dirait que quelqu’un parle plus qu’il ne chante et je reconnais des mots comme phoque ou police et même ce que je crois être des prénoms comme Nick. Je me rapproche doucement au travers du feuillage chercher à apercevoir mes visiteurs.

Mon Dieu !

Un groupe de 3 indigènes a débarqué, l’un d’eux porte un poste de radio sur l’épaule, ce qui est à l’origine de cette musique exagérément forte. Ils sont vêtus de tenues bariolées et portent ce qui ressemble à une casquette mais portée à l’ envers. Je n’ai jamais rien vu de tel en dehors de ma télévision. Et ce n’était pas dans Ushuaia ou une autre émission de voyage, non c’était au journal télévisé. Ils ont l’air de chercher quelque chose et d’être très énervés. Je comprends qu'ils se disputent pour savoir où ils ont laissé leurs… bières. Glurp (en fait c’est une onomatopée pour vous faire comprendre que j’ai tout d’un coup du mal à avaler, une boule d’angoisse si vous préférez. Vous suivez toujours ? ).
Je pense que j’ai dans mon estomac ce qu’ils cherchent. Et qu’ils ne seraient pas très contents de l’y trouver. Je me baisse au sol parce que je commence à trembler tellement fort que cela fait bruisser le feuillage. Mais c’est trop tard, l’un deux lance
:

« Il y a quelqu’un, à tous les coups c’est le fils de pute qui nous a chopé nos bières »

Et ils se précipitent vers moi.



Note de l’auteure…. Ce moment du texte serait l’endroit idéal pour rendre mon public captif et m’assurer qu’il viendra bien lire la suite de Robinson Névrosé. Mais des scrupules (si , si ;-)) m’empêchent de vous traumatiser ainsi une fois de plus quand vous serez tenus en haleine tous les dimanches d’août par une magnifique histoire…

Je crie aussi fort que je peux et comme l’un commence à me secouer pour m’attraper, je lui vomis sur ses baskets ...ce que j’ai sur l’estomac. Cela me soulage, fait beaucoup rire ses camarades, mais n’a pas du tout l’air de l’amuser. «  Zen- soleil- lumière- paradis- bonheur ». Je récite en boucle et sans m’arrêter les mots que j’ai appris de mon psy pour les situations de grand stress, vous savez le psy qui est en vacances pendant que je me fais attaquer par ces sauvages

-          Il est complètement ouf ce keum

-          J’comprends rien à ce qu’il dit

-          Mais il nous a quand même piqué nos bières, faut l’punir.

-          On a qu’à le foutre à poil.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Je me retrouve nu dans le feuillage… urticant. Ca gratte la nature. Celui sur les chaussures duquel j’ai vomi me prend les miennes.

-          T’as de la chance d’avoir la même pointure que moi sinon je te les faisais bouffer

-          Allez, on s’casse, et il m’envoie ses baskets dans la figure.

J’entends des bruits de rame et la musique qui diminue. Jusqu’au silence.

Et je me mets à pleurer, à gros sanglots, comme un gosse. 


(Suite et fin après demain) 

Publié dans textes

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Godnat 31/07/2008 18:33

Si si moi j'ai ri aussi ! Le pauvre, aller se naufrager sur une île et rencontrer des lundi, mardi et mercredi comme ça, pas de chance, vendredi était mieux !

pandora 31/07/2008 19:55


Oui, je pense que vendredi était mieux, le week end, c'est toujours mieux ;-)


joye 31/07/2008 11:32

Feuillage urticant, oh dear !!Bravo, l'intrépide, tu as franchi encore un sommet !

pandora 31/07/2008 19:36


Maybe it was sumac ??? ;-))
Poor Tanguy, it will hurt !!!


Reine 31/07/2008 09:40

Bon alors moi je découvre ton personnage et j'ai beaucoup rit en lisant ton texte.A la lecture des commentaires je me rends compte qu'il y a comme un problème... car je suis la seule à avoir ris!Bon je vais donc piocher dans tes archives et me mettre à la page. Promis, je ne me moquerais plus de ce pauvre garçon!! hihihi

pandora 31/07/2008 19:35


Tanguy est  parfois ridiculement drôle, mais comme souvent dans le vie, les larmes ne sont pas loin des rires


mariev 31/07/2008 09:04

oh la la , ça vire au cauchemar! vite, Pandora, achève-le!  ;)au fait, mes amis qui sont partis en Inde à Pâques m'ont bien précisé que si tu veux être sûre que tes cartes postales NOUS arrivent, tu dois aller dans un vrai bureau de poste et t'assurer qu'ils les tamponnent (la mienne, ils l'ont glissée dans une boîte aux lettres dans la rue, elle est jamais arrivée, ni les 10 autres postées de la même façon). C'était le "petit conseil du jour", très intéressé le conseil, vi;)

pandora 31/07/2008 19:35


Je te trouve bien cruelle avec ce pauvre Tanguy ;-)
Je passerai par un bureau de poste... avec toutes ces cartes que j'ai promis, sinon plus personne ne viendra sur mon blog...


Tisseuse 31/07/2008 08:52

il vit vraiment une épreuve initiatique !je suis d'accord avec Thadée : il va grandir !écroulée de rire devant le jingle :o)

pandora 31/07/2008 19:33


Une catharsis c'est ça ? ;-))