Le voyage comme fuite

Publié le par pandora




Un texte écrit pour
Papier Libre de Juliette

Quand mon quotidien me pèse et que je me sens crouler sous le poids de sa banalité et de son ennui, quand de noires pensées m’acculent et que je me sens prise au piège, je choisis ce qui est considéré  comme la meilleure des défenses : la fuite. Une évasion pour la reine de l’escamotage que je suis devenue grâce à mon tour de passe-passe favori, le voyage.

Je prends ainsi chaque soir le train de mon voyage en écriture, une histoire que je me raconte comme celle rituelle d’avant coucher des enfants. Il me permet de fuir les soucis du quotidien en m’entrainant dans des univers tellement différents qui me dépaysent quasi instantanément. Une feuille de papier et un crayon, ou mieux un écran d’ordinateur et un clavier et me voilà partie. Je laisse les mots me guider dans des histoires extra- ou simplement ordinaires. Mon rythme varie selon les jours et l’inspiration du moment, grands et lents pas du montagnard, petit footing tranquille ou sprint. Je me glisse dans mes personnages en me déguisant à volonté comme je le faisais enfant pour Carnaval. Des personnages proches de moi, voire très proches, ou au contraire ceux que je ne serai jamais et quand j’évacue ainsi ma part d’ombres, mon sourire me quitte, remplacé par un crispement de mâchoires. Je m’évade dans des univers que je crée dans la magie de l'instant et je m’y perds souvent de longues heures, découvrant à chaque départ de nouveaux paysages et de nouvelles émotions.

Et je ris et je pleure, et je vis (dans) mes histoires, testant l’itinéraire avant mes voyageurs comme devrait le faire tout bon "tour opérateur". Je connais rarement à l’avance la destination finale et je me laisse en confiance porter par les flots des mots qui m’emmènent telles des vagues vers un point de chute (et vous savez comme j’aime les chutes), une ile où débarquer.

Celle-ci est parfois accueillante et paisible mais elle peut aussi être plus sauvage. Celle-ci est parfois le dernier refuge dans l’océan tourmenté de mon quotidien, l’île salvatrice quand ma vie est un naufrage.

 

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mariev 02/11/2008 23:03

oui, tu as cette forcemais je n'aime pas les tous derniers mots, ce naufrage ... parce que ce texte te colle tant que ce naufrage m'attriste, comprends-tu?bise:)

pandora 03/11/2008 07:03


Je comprends


Decrypto 29/10/2008 23:35

Les mots qu'emporte le vent de l'imaginaire se rassemblent pour dessiner des histoires peu ordinaires qui parfois se glissent avec bonheur dans notre réalité. Agréable soirée.

pandora 30/10/2008 07:13


Très joliment dit, merci Décrypto et bonne soirée ;-)


Godnat 29/10/2008 23:19

Ecris, écris, moi je m'évade en lisant !

pandora 30/10/2008 07:12


Tu as noté qu'en bonne professionnelle je teste les prestations avant ;-)


Homéo 29/10/2008 14:45

Je dois être trop retenue par des liens que je n'arrive pas à couper parce que parfois j'aimerai mais , je n'y arrive pas ....

pandora 29/10/2008 19:14


Tu n'arrives pas à écrire ou tu n'arrives pas à t'évader en écrivant ?
Il n'est pas forcément besoin de couper les liens pour cela, prendre simplement un peu de distance peut suffire ;-)


DJU770 29/10/2008 13:30

Et le voyage intérieur ? A la rencontre de celui que je crois être, et que je ne suis pas ? Amicalement. DJU770

pandora 29/10/2008 19:16


Oui, tu as raison, il y a aussi le voyage intérieur, mais l'écriture en est parfois un...