Quand les Masaïs me ramènent au lion de Joseph Kessel

Publié le par pandora




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C’est très amusant/curieux/étrange (rayer la mention inutile ;-))) comme préparer un billet (ou lire vos commentaires) me permet souvent de prendre conscience de choses qui me concernent mais que je n’avais pas intégrées. J’ai l''esprit et le coeur en Tanzanie depuis quelques jours et j’ai donc envie de vous parler de ce voyage. Mais avant de vous en parler, il me faut d’abord vous parler de cet amour de l’Afrique que j’ai en moi depuis toute petite, depuis mon adolescence. Un Amour que je crois en grande partie inspiré par ma lecture en classe de cinquième du livre « Le lion » de Joseph Kessel dont je ne garde aujourd’hui qu’un souvenir flou, en dehors de celui du jeune guerrier Masai Oriounga, fier et courageux, mais une impression très forte de liberté et de grands espaces.


Clic sur le livre pour arriver sur une fiche de lecture


J’ai donc fait quelques recherches sur le roman pour écrire ce billet et me suis rendue compte que l’histoire se passait au pied du Kilimandjaro qu’il y était question d’une petite fille de 10 ans appelée Patricia qui passait toutes ses journées avec un lion, King, recueilli lionceau par son père et devenu adulte en grandissant avec la petite fille à laquelle il est très attaché. Et que l’histoire finissait mal quand le Masai se faisait tuer par King dans le cadre du rituel de passage initiatique à l'âge adulte dans lequel le jeune masaï doit tuer un lion. Puis que le père de Patricia tuait le lion….


Le Kilimandjaro vu depuis l'avion


Ce séjour en Tanzanie n’est pas mon premier voyage africain, mais cette ascension du Kilimandjaro  (qui était tout sauf facile) alors que je venais d’apprendre 6 mois auparavant que j’avais la sclérose en plaques avait un symbolisme tout particulier. Je m’en rends compte plus encore dans le fait qu’il se passe dans le pays  de ce livre qui m’a donné mon amour pour l’Afrique et me ramène à cette petite fille à laquelle j’ai dû forcément m’identifier en le lisant. Un séjour et un voyage dans le pays du lion de Joseph Kessel.

Et je comprends mieux pourquoi j’avais envie de commencer par vous parler des Masaïs, ces hommes fiers qui peuplent les réserves que nous avons traversées et particulièrement le parc du Ngorongoro, un ancien volcan au creux duquel vivent désormais tout un tas d’animaux sauvages dont les derniers rhinocéros ;-)

Rien n’est hasard….




Les Masaïs donc ;-))

On est d’abord frappé par ces adolescents, grands et fins, vêtus d'une étoffe noire et le visage recouvert de peinture blanche qui se tiennent droits au bord des routes, leur lance à la main, en faisant de grands sauts verticaux, de plus en plus hauts, pour nous impressionner. Surtout pour le folklore et les touristes qui passent dans les 4X4 dont je fais partie. Ces enfants qui ne pourront porter le rouge que lorsqu'ils seront considérés comme des adultes. Mais ce n’est pas l’image que j’ai envie de retenir.

Ce ne sont pas non plus ces villages Masaïs à touristes pour lesquels on doit payer un droit d’entrée comme on le ferait pour visiter une réserve animalière (je trouve profondément triste que ce peuple fier doive en passer par là pour survivre).

Non, ce qui m’a profondément émue c’est d’apercevoir certains de ces guerriers, leur lance à la main, surveiller leur troupeau à l’intérieur du parc armés simplement d’une lance quand il s’y trouvent de nombreuses bêtes sauvages dont les fameux lions. Ce qui m'a émue c’est d’entendre notre guide nous dire que les Masaïs ne sont que tolérés dans les réserves où il leur est désormais interdit d’accomplir le rite de passage à l’âge adulte qui consistait à tuer un lion, animal protégé. Ce qui m'a émue ce sont ces hommesfiers et droits aux lobes d’oreille percés dans lesquel certains ont une pièce de monnaie ou d'autres une petite boite de cure dents.

Et surtout ce qui m’a profondément émue a été de me rendre compte que bientôt n’existeront plus les fiers guerriers du livre qui a bercé mon enfance…

Un de ces guerriers que Kessel décrivait ainsi:

"Il y avait cette démarche princière, paresseuse et cependant ailée, cette façon superbe de porter la tête et la lance et le morceau d'étoffe  qui,  jeté sur une épaule, drapait et dénudait le corps à la fois. Il y avait cette beauté mystérieuse des hommes noirs venus du Nil en des temps et par des chemins inconnus. Il y avait dans les mouvements et les traits cette bravoure insensée, inspirée. Et surtout, cette liberté orgueilleuse, absolue, indicible d'un peuple qui n'envie rien ni personne parce que les solitudes hérissées de rondes, un bétail misérable et les armes primitives qu'il façonne dans le métal tiré du lit sec des rivières comblent tous ses soins et qu'il est assez fier pour ne point laisser sur la terre des hommes ni maison ni tombeau."


Guide masaï sur le Lengaï

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mariev 13/11/2008 19:40

un mot me vient, de ce que tu nous transmets, de ce que tu nous dis des masaïs, de ces superbes photos ..."souffle";)

pandora 13/11/2008 22:17


Merci, j'ai justement besoin de reprendre un peu mon souffle... ;-)


ddlaplume 13/11/2008 17:45

Bonsoir Pandora,     Alors que le majestueux Kilimandjaro dresse son cône enneigé à sa cîme, la danse des Massaïs, malheureusement,  n'est plus qu'un folklore pour touristes.          Les petits enfants des fiers guerriers d'antan, sont livrés aux boîtes à pixels, comme des animaux de foire.      Il est vrai que la piècette gagnée, permettra peut être à ces derniers, de manger un peu mieux...mais rien ne le confirme.       La modernisation qui touche le monde, apporte toujours la perte d'identité d'un peuple. Alors se perdent peu à peu les coutumes ancestrales qui permettaient aux gens, de suivre les règles propres à leurs cultures.      Certes, aucune partie de notre terre ne peut s'exclure à la globalisation. Cependant, cette dernière contribue à cette perte de repères.      Sans règles que géraient les anciens, les peuples se  retrouvent dans des situations traumatisantes, où la pauvreté ne fait que s'accroitre.     Le progrès serait réel, si une aide accompagnait ces bouleversements trop rapides. Mais cela demeure utopique.     Les photos sont magnifiques.      Le texte de Kessel est imprégné de cette fierté massaïe. On ressent en le lisant tout l'amour qu'il portait pour les peuples d'Afrique.      Bises.       dédé.         
 
 

pandora 13/11/2008 22:12


Bonsoir Dédé,
le peuple Masaï a été sacrifié, comme tant d'autre, et il reste plus grand  chose de ces hommes fiers.
Oui, sans repère, c'est la porte ouverte vers la délinquence et l'alcoolisation.
Comme les animaux de la réserve, les Masai sont une culture en voie de disparation.
Bonne soirée ;-)


cacoune 12/11/2008 09:40

Tu en parles d'une telle façon qu'on se sent transportés !Je pense qu'en rapprotant les négatifs chez les spécialistes de la photo dont le sigle est noir, rouge et blanc, il est possible d'obtenir les photos sur CD ROM. Quand je fais de l'argentique, je demande toujours une épreuve des photos sur CD-ROM : plus facile pour partager ensuite !

pandora 12/11/2008 17:42


Merci beaucoup Cacoune, ça me fait très plaisir ce que tu me dis là ;-)
Maintenant j'ai un numérique, le problème ne se posera plus... quand il sera réparé ;-)


mapie 10/11/2008 14:53

Je suis allée au Kenya il y a de cela 10 ans ( déjà!!!) et j'ai trouvé les paysages très beaux mais j'ai été déçue de ne voir que du "folklore"... J'ai visité des villages où l'on se sent honteusement décalé, ne serait ce que parce qu'on a payé pour y entrer. Des Masaïs sont venus dans nos lodges pour y faire un spectacle magnifique mais encore une fois...rien de naturel dans tout cela... Tous ces guerriers restent rééls mais simplement leur vie a changé...beaucoup changé...

pandora 10/11/2008 16:25


Oui, les guerriers Masaï tels que les décrivait Kessel n'existeront plus bientôt que dans les livres...


catiechris 10/11/2008 12:32

merci pour ton com, évidemment mon blog n'est pas littéraire,  je m'amuse, mais va voir ma petite nièce : "la globule "elle est en lien sur mon blog, et elle écrit pas mal : version blog évidemment, à bientôtet soigne toi bien

pandora 10/11/2008 16:22


Je ne me nourris pas que de littérature, j'aime aussi beaucoup le nutella comme je te l'ai dit chez toi ;-)