Affaire de famille

Publié le par pandora

Un texte écrit pour les défis du samedi :

-          Votre honneur, je vous demande la plus grande indulgence pour ma cliente.  Cliente, qui bien sûr, est très désolée de ce qu'elle a fait...

Plus fort: Cliente, qui bien sûr, est très désolée de ce qu'elle a fait...

-          Maitre, ce n'est pas la peine de répéter la même chose, la Cour n'est pas sourde

-          La Cour non, mais MA CLIENTE peut-être!

La cliente sursaute, interrompue dans ses pensées, et baisse enfin la tête devant le regard courroucé de son défenseur

-          Voyez d'ailleurs, comme elle est contrite. De plus, tous ici peuvent remarquer que son état n'est pas normal. Ce sourire niais dénote une grande perturbation mentale et je suis étonné que l'expertise psychiatrique ait conclu en sa responsabilité. Allons votre honneur, même mon cocker  a l'air plus éveillé !

Les personnes assises au premier rang peuvent voir le coup de pied discret sur le tibia de la cliente qui essayait de protester...

-          Pensez-vous qu'une incarcération soit justifiée dans cet état ? Tout ça pour quelques mots malheureux ?

-          Maitre, il s'agit de plus que « quelques mots malheureux »

-          Des insultes de cours de récréation

-          « Espèce de sale Pute », « je vais te tuer Salope » et « Je vais t'exploser ta gueule de pétasse » ? Dites-moi de quelle école il s'agit pour que je n'y envoie pas mes enfants...

-          Votre honneur, les mots ont dépassé la pensée (fort limitée) de ma cliente...

-          Si ce n'étaient que les mots, Maitre...

-          Vous voulez parler de la gifle peut-être ?

-          Maitre, relisez l'acte d'accusation mais ne nous faites pas perdre notre temps !

-          Excusez-moi Votre honneur, mais cette gifle n'est qu'un malentendu

-          Je vous confirme que la plaignante entend mal depuis la gifle, mais je ne vois pas de malentendu

-          Ma cliente ne voulait pas faire de mal à la plaignante

-          Ah bon Maitre, que voulait-elle faire alors ?

-          Ecraser un insecte.

-          Ecraser un insecte ?

-          Oui, une horrible araignée qui s'apprêtait à attaquer la plaignante

-          Maitre, vous vous moquez de moi ? Savez-vous ce qu'il en coûte en cas d'outrages à la Cour ?

-          Votre honneur, je vous garantis de la bonne fois de ma cliente et vous le répète : elle n'a pas toute sa tête. Vous voyez bien d'ailleurs qu'elle est blonde

-          L'expert affirme pourtant le contraire...

-          Le coiffeur de ma cliente peut pourtant l'attester

-          Je ne parle pas de sa couleur de ses cheveux,  Maitre

-          Pardon votre honneur. C'est peut-être parce que ma cliente n'est pas malade.

-          C'est ce que le psychiatre expert a conclu, oui....

-          Elle n'est pas malade votre honneur, mais elle n'est pas dans son état normal. Elle est amoureuse...

La cliente relève la tête et sourit béatement à son avocat

-          Maitre, parlez clairement et qu'on en finisse

-          Votre honneur, ma cliente a cru que la plaignante jeune et ravissante, mais délinquante notoire, soit dit en passant, voulait s'en prendre à son mari et s'est défendue avec toute l'énergie d'une femme amoureuse. Mais elle ne recommencera plu, n'est-ce pas ?

La cliente fait non énergiquement de la tête

-          Ne la mettez pas en prison je vous en prie, vous allez briser cette femme, vous allez briser un jeune couple...

-          Très bien Maitre, je relâche votre cliente avec une amende et des indemnités pour la plaignante, mais seulement si vous vous engagez devant la Cour de ne plus défendre à l'avenir que des clients de sexe masculin ou apparenté. La Cour ne supportera plus ce genre de débordements, même de la part d'une femme jalouse. C'est clair ?

-          Oui votre honneur. Merci beaucoup votre honneur. Mon épouse et moi-même vous sommes infiniment reconnaissants. N'est-ce pas chérie ?

Et la cliente de remercier le juge d'une voix timide (qui ne ressemble plus du tout à celle qu'elle avait quelques jours plus tôt quand elle s'en était prise à la jeune cliente de son mari) et de se précipiter dans les bras de son époux et défenseur


Moralité (amorale): On a toujours besoin d'un avocat. Tant qu'à l'avoir chez soi, autant l'avoir dans son lit




Publié dans exercices d'écriture

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ddlaplume 25/02/2009 15:02

Bonjour Pandora,    J'ai aimé la grande qualité des dialogues au sein de la cour, où le rappel des insultes fusent, et dépassent les pensées de la cliente. Preuve qu'il faut toujours remuer sept fois sa langue dans la bouche ...avant de parler.; que dis-je..!  avant d'insulter.    Les diablesses aussi doivent être défendues, en profitant que l'avocat croque la pomme... avec elles.    J'imagine le couple déposant les robes... sur le rebord du lit, avant de se lancer dans les feux de l'enfer.    Par satanas.!     Bises.    dédé.

pandora 25/02/2009 22:01


Bonjour Dédé,
J'ai bien aimé ta scène avec les robes sur le lit, je dois avouer que je n'étais pas allée aussi loin dans les détails ;-)


Enriqueta 24/02/2009 15:06

Oxygène 23/02/2009 15:21

Très drôle ! Bravo Pandora ! Et merci de nous faire rire. Ça fait tellement de bien...!

pandora 23/02/2009 19:40


Ben, demain, ça sera beaucoup plus sombre. Je reviens dans le genre polar...


Homéo 23/02/2009 14:10

ce texte m'a bien fait rire aussi :)Merci Miss

pandora 23/02/2009 19:39


Your pleasure is my pleasure ;-)


Tisseuse 23/02/2009 09:05

la chute m'a amené un grand fou rire !

pandora 23/02/2009 19:34


Tant mieux alors