Déception

Publié le par pandora



Je prends beaucoup de plaisir à écrire des histoires et à inventer des personnages . Des gentils comme Simone la prostituée, des méchants comme l'homme au parapluie, ou des enfants comme la petite Sophie qui écrivait au Père Noël...

Je mets un peu de moi dans chacun d'eux et je m'y attache. Au point de souvent avoir envie de les remettre en scène. Je me dis que je leur redonnerai peut-être vie, plus tard, quand je serai grande. Quand j'écrirai un « vrai » livre ;-)

Mais ce ne sont que des personnages fictifs, des mélanges de ces gens que j'ai vus, rencontrés, aimés ou détestés. Que j'ai lus parfois. Ils n'existent pas. Leurs vies n'en sont pas vraiment. C'est le gros avantage de la création, cette liberté infinie et ces impossibles qui n'en sont plus.

En écrivant les pages de  « Morceaux de sep », je suis devenue un personnage dont je racontais l'histoire. Une histoire où se mêlaient le triste et le gai, mon intruse et les voyages, la maladie et la vie. Une histoire à laquelle j'ai récemment mis un point final en en écrivant la dernière page.

Sauf que ce personnage n'est pas imaginaire, elle existe vraiment.

Et sa vie est bien réelle. C'est la mienne.

J'ai probablement mis trop d'espoir dans ces pages que j'écrivais en imaginant qu'aller au bout du manuscrit me permettrait de tirer un trait sur mon histoire avec mon intruse.

Depuis quelques semaines, je me rends douloureusement compte que nous n'en avons pas fini l'une avec l'autre. Elle est toujours là et bien là. Et je ne suis pas le personnage d'une de mes histoires dont je pourrais décider du destin mais une femme atteinte de sep. Qui la subit.

Alors je fais bêtement la piqure buissonnière et je joue à la non malade.

Je deviens un personnage fictif qui vit une histoire où les impossibles n'en sont plus. Un personnage qui se réveille en sursaut d'un mauvais rêve et que son magicien apaise en la prenant dans les bras. Un personnage dont le réfrigérateur ne contient pas d'avonex.


J'attends que la déception passe pour reprendre le combat.

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mariev 21/03/2009 12:53

peut-être parce que ce n'est qu'une première partie, la partie "témoignage", réaliste, difficile et peu "enchanteresse" parce que extrêmement ancrée dans le réel ... mais nécessaire pour faire le tour de tous les détails (TOUS) ...ne serait-ce que poser cela sur le papier, c'est énorme, et personne, et pas toi, ne pouvait s'en rendre compte avant de le terminermaintenant, ça fait son chemin, doucementet peut-être que tu pourras passer à une phase plus "imaginaire" un peu plus tard (un conte? une parabole? ...), où tu pourras "habiller" tes maux avec d'autres motsbises   ;)

pandora 22/03/2009 07:24


J'ai envie de passer à l'écriture de quelque chose de plus imaginatif où je ne serais éventuellement présente que dans les traits de
certains personnages... Ce projet mûrit doucement, comme le manuscrit l'avait fait en son temps...
Et là pas de stylothérapie, donc à priori pas de déception ;-)


captaine lili 19/03/2009 23:38

Mon livre ne m'a pas donné un visage "normal", il n'a rien éloigné pour l'avenir, mais j'ai mis des mots, des vrais mots, refait le puzzle de mon histoire éclatée en morceaux "le jour où on apprend que" (et les jours d'après aussi)... Je ne dis plus "ma bouche tordue", je dis "ma paralysie", ça n'a l'air de rien mais maintenant j'ai un visage que j'avais perdu. Mais j'ai commencé à "écrire" en 1996... :-) Et puis je me souviens aussi qu'un jour, j'ai cru avoir fini. Et deux amies très proches m'ont dit "mais il manque tout ça !" Et elles avaient raison...Courage, Pandora, le chemin est long mais c'est un chemin... comme pour tes trecks : le sommet est toujours celui d'après, non ?

pandora 20/03/2009 07:07


Oui, il faut laisser un peu de temps au temps, et peut-être rajouter certaines pages... ou pas ;-)
Mouais, pour les trecks il y a un peu de ça


Vanina 19/03/2009 20:10

"Morceaux de sep": le livre d'une vie, des histoires courtes accumulées, un "vrai" livre, à paraître?Nous avons tous nos moments de "déprime"...Mille belles penséesSourireVaninaSi je peux me permettre, je viens de mettre en ligne une "pub" pour la revue que crée mon amie Marianne. C'est avant tout une revue d'histoires vécues, mises en page de façon très graphique (je trouve même parfois qu'elle en fait bcp, jusque sur son blog; mais j'aime son idée, j'aime son enthousiasme).Par ailleurs, j'aime ce que tu écris, peut-être auras-tu envie de participer.

pandora 19/03/2009 23:01


Non, je pense que ça ne deviendra pas un livre mais restera à diffusion restreinte et ce n'est pas le livre d'une vie parce que j'espère vraiment qu'elle ne se
résumera pas à mon histoire avec la sep  ;-))
Merci pour tes belles pensées ;-)

Je suis allée voir chez ton amie, je vais voir comment je pourrai y participer, oui, merci pour l'info ;-)
Et merci d'aimer ce que j'écris ;-)


caro_carito 18/03/2009 23:38

Les effets de l'écriture ne sont pas forcéments immédiats. ce n'est pas un médoc miracle! Mais les mots feront leur travail. Laisse leur le temps et à toi aussi. Tout peut aller soudain si vite.Et qui à ta place n'aurait pas peur? Apprivoiser cet avenir n'est pas si simple. Nous jouons si souvent à l'acteur, nous oublions l'inconnu vers lequel nous nous dirigeons parce que vivre alors devient un fragile équilibre, une longue traversée de funambule.Les réponses sont sans doute là ou même l'absence de réponse. Mais nous ne sommes que nous, avec nos limites. Et tant que le magicien est là.Je t'embrasse...

pandora 19/03/2009 22:34


Un médoc palliatif quand j'attendais du curatif...
Le temps, ça fait déjà plus de 5 ans...
Merci pour tes mots en tout cas Caro, je t'embrasse ;-)


Teb 18/03/2009 21:42

L'écrire, ça ne pouvait rien empêcher, mais peut être t'aider à "l'aprivoiser, vivre avec.Et je suis persuadée que tout ce travail d'écriture, en te forçant à réfléchir, t'a rendue plus forte ...Je ne sais pas si je le dis bien, mais ... voilà.Et je t'embrasse, voilà !!!

pandora 19/03/2009 22:32


J'espèrais qu'écrire m'aiderait davantage mais peut-être qu'on ne peut pas accepter l'inacceptable...
Ce qui ne tue pas rend plus fort, c'est ma phrase fétiche ;-)
Tu dis bien et je t'embrasse moi aussi