Une page s'est tournée

Publié le par pandora



Tableau de Joelle Chen dont je vous invite à découvrir le site ici


Je vous parle depuis un bon moment maintenant de mon manuscrit qui s'est construit ces derniers mois à partir de billets écrits sur le blog - et il y en avait beaucoup -  mais aussi de textes écrits spécifiquement pour lui donner une cohérence et aborder des thèmes dont je ne veux pas parler sur la toile. Je l'ai donné à lire à quelques personnes de ma vie réelle et à certains d'entre vous et j'ai tenu compte de vos remarques pour le faire évoluer. J'ai aussi rajouté quelques pages qui me semblaient encore nécessaires pour arriver à une version que je considère comme achevée. Des pages où les morceaux de sep se recollent.


Je vous avais dit ma frustration de ne pas me sentir davantage libérée alors que j'avais écrit le point final, mais c'est simplement le signe pour moi que le travail de deuil, que je mène laborieusement depuis plus de cinq années maintenant, n'est pas terminé. Que je n'ai toujours pas accepté. Si tant est que l'on puisse un jour l'accepter comme me le demandait une amie. Comment accepter l'inacceptable ?

Mais écrire ces pages m'a aussi permis de me rendre compte des progrès accomplis depuis l'irruption de mon intruse dans ma vie. Apprécier au fil des pages l'évolution de mon état d'esprit, la descente aux enfers et l'espoir qui renaît, la vie qui est là, malgré tout. Comprendre combien les voyages sont importants à la fois comme des parenthèses dans ma vie de malade puisque je ne m'y pique plus mais aussi comme des défis sportifs que je lance à mon intruse. 



J'ai fini le manuscrit, la page s'est tournée et je ne pense plus y apporter que des modifications minimes. Je suis allée au bout de mon projet et je peux maintenant penser et passer à autre chose.


J'ai été rassurée par votre accueil et vos mots, qui m'ont touchée peut-être plus que vous ne l'imaginez, merci.


Rassurée aussi dans cette inquiétude, toujours, de dépasser les limites de la pudeur en en disant trop. De réussir à éviter de tomber dans le piège de l'indécence ou du scabreux.


Difficile exercice de parler de soi et de moments qui ont été particulièrement difficiles en restant digne. Mais ce manuscrit se voulait d'abord un témoignage, pas un roman.


Reste maintenant à décider de ce qu'il va devenir.



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Cacoune 21/04/2009 21:00

Je viens de chez Tisseuse qui sur l'Arbre à liens m'a mise sur la voie de ce billet.J'admire ta démarche. Et je suis contente que tu sois rendue au "bout".Comme je le disais là-bas, dans la forêt de Tisseuse, je ne suis plus très sûre que cela soit toujours un bien. Dépend peut être de la personne. Sauf à considérer que je sois en phase de régression induite par la peur... Mais naaaaaaaaaaaannnnnnnnnnnnn, ça doit pas être ça ;)  

pandora 21/04/2009 22:06


Oui, je suis allée au bout et j'en suis très heureuse.
Pour moi je crois que c'est un bien, ou un mal nécessaire, je ne sais pas...
Un bien, si je sais, l'occasion de me rendre compte de combien j'ai avanvé.
Malgré tout ;-)
Mais c'est à chacun de choisir ce qu'il pense être le mieux pour lui...


Vanina 06/04/2009 22:10

Il est plus simple d'affronter une réalité, qu'une peur...SourireVanina

pandora 07/04/2009 07:45


Je n'en suis pas si sûre, mais la vie n'est pas simple ;-)
Bonne journée Vanina


Angel 06/04/2009 21:02

aller au bout d'un projet est ce qu'il y a de plus régénérateur!vivre...c'est ça..belle suite à ton écrit.et à tes rêves

pandora 07/04/2009 07:44


C'est une façon de vivre, oui, en se donnant de nouveaux projets ;-)


Teb 06/04/2009 19:52

Ah.. ben là je suis tout à fait d'accord avec toi. Effectivement nous ne mettions pas les mêmes choses derrière les mêmes mots ;-)Comme quoi... parler (enfin, écrire... enfin, expliquer) ça sert à quelque chose !!!Re-biz

pandora 07/04/2009 07:43


Oui, rien ne vaut la communication en effet ;-)
Bonne journée Teb


Teb 06/04/2009 19:24

Je suis bloquée sur ce com depuis quelques minutes ... ;-))Moi non plus je ne dirais pas faire son deuil, parce que pour moi ça veut dire accepter.En fait, ce qu'il faut accepter, c'est d'être en guerre permanente avec cet ennemi qui est ton compagnon de tous les jours, sans pour autant le laisser prendre les rênes de ta vie...Je ne sais si je me fais bien comprendre...Et je ne donne pas une leçon... je réfléchis, seulement !Mais je t'embrasse et le lirais volontiers, cet éventuel bouquin ;-))

pandora 06/04/2009 19:40


Je te mets alors un peu des mots que j'ai écrit à Thierry pour que tu comprennes mieux ce que je veux dire par là:

Quand je parle de travail de deuil, j'emploie le terme consacré par les psychologues qui fait tout autant référence à un deuil réel qu'à un divorce ou un échec dans des études quand elles sont très
investies.
Dans mon cas, il ne s'agit pas d'accepter la mort, mais d'accepter que la maladie est bien entrée dans ma vie et que je ne suis plus celle que j'étais.
Je suis fatiguée et fatigable ce que je n'étais pas.
Je suis passée dans le camp des malades.
Faire le deuil de celle que j'étais ne signifie pas cesser de me battre, ni perdre l'envie de vivre, au contraire. Il me permet de sortir du déni et de reprendre mon traitement que j'avais à
nouveau interrompu ces dernières semaines alors qu'il est prouvé que ça améliore vraiment le pronostic de la maladie. Mon intruse ne sera jamais mon amie.
Pour moi, faire un travail de deuil c'est arrêter de me détruire et de ressasser un passé qui n'est plus, ce n'est pas pour autant accepter de gaité de coeur un présent et une maladie dont je ne
veux pas. Mais j'ai la sep, que ça me plaise ou non.
Je ne crois pas que faire un travail de deuil est forcément accepter l'inacceptable, mais peut-être retrouver un peu de paix.
Je t'embrasse