Poker menteur

Publié le par pandora

Un exercice avec mots imposés pour kaléidoplumes



On m’avait bien dit que ces types n’étaient pas réglos, mais je devais me renflouer. Mon ex-Dieu merci - femme me harcelait pour sa pension et ma banque me couperait bientôt les vivres. La plus féroce des deux n’est d’ailleurs pas celle que vous croyez ! Les moyens conventionnels de gagner sa vie ne me permettraient pas de régler mes ardoises, aussi je décidai de replonger pour quelques parties de poker.  Je m’étais promis de ne plus jouer le jour où j’avais misé ma Ford Taurus 1956 au cours d’une partie bien arrosée. Trop. Blanc sur rouge, rien ne bouge, rouge sur blanc tout fout le camp. J’y laissai ma voiture. Mais les serments sont faits pour être rompus, et les cartes restaient ce que je connaissais le mieux.

Je réussis à me faire inviter à une table où l’on misait gros grâce à mes contacts dans le milieu. Mes comptes vidés en profitant outrageusement du découvert autorisé, je n’avais pas droit à l’erreur. Je ne connaissais pas les autres joueurs mais ils trainaient une réputation sulfureuse, j’emportai donc mon revolver avec moi au cas où. J’espérais ne pas avoir à m’en servir.

Le poker, c’est comme la bicyclette, ça ne s’oublie pas. Je retrouvai donc rapidement mes marques au point de voir mon tas de jetons grossir au fil de la partie. C’était un vrai bonheur de retrouver cette atmosphère de tripot enfumé. La dernière donne fut exceptionnelle, une main de gagnant, je misais tout ce que je possédais. Tous s’étaient couchés, sauf mon voisin de droite, un type mal rasé qui avait depuis longtemps laissé tomber sa veste noire parsemée de pellicules. Mauvais perdant, il m’accusa de tricher quand je montrai ma suite, il pensait ramasser l’argent avec  son brelan. Les autres ne bronchaient pas mais ils avaient gardé leur veste et je les soupçonnais d’y cacher une arme.

Dans certains cas, la meilleure des défenses est l’attaque. Je me reculai et sortis mon révolver que je pointai alternativement sur chacun des joueurs en leur demandant de ne pas bouger. J’eus un moment d’hésitation quand je vis mon voisin de gauche passer sa main dans son dos. Fatal. Il fut plus rapide que moi et me tira une balle à bout portant.

Je ne vis pas le point rouge hémoglobine qui grossit et prit la forme d’un coquillage.

Je rêvais plutôt à un trèfle ou un cœur, une belle fin pour un joueur de cartes.

 

Publié dans exercices d'écriture

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Ed 06/10/2009 15:05


Le type polar un peu noir te va aussi, merci!


pandora 06/10/2009 21:56


Merci à toi, c'est un genre que j'affectionne tout particulèrement ;)
Et en plus, le noir, ça amincit ;-)


mariev 05/10/2009 17:36


Game over ...

C'est bête hein

;)


pandora 05/10/2009 21:14


oui :)


Thierry Benquey 05/10/2009 14:30


Voilà quelqu'un qui ne savait pas que milieu ne signifie pas le centre mais possède un sens plutot écologique. Un poisson, un chien ou un asticot n'iraient pas fricoter dans un milieu qui n'est pas
le leur. Il paye cher la lecon.
Rire et amitié
Thierry


pandora 05/10/2009 21:13


Certes, mais quand on a besoin d'argent ;-)
Amitiés


Coq 05/10/2009 12:48


MDR le commentaire de Godnat!


Tisseuse 05/10/2009 07:40


sa seule satisfaction est de mourir gagnant :(


pandora 05/10/2009 21:13


On peut dire ça