Mona 3 étoiles

Publié le par pandora

J’ai envie de vous parler d’« une histoire de train-train quotidien, un train qu’on paye en années de vie. Parfois aussi en mégots de cigarettes, beaucoup, beaucoup de mégots. » une jolie découverte que m'a permise Macada. Un grand merci (pour cela aussi) à elle puisque ce fut un vrai coup de cœur.

 

 

 

 

 

J'ai aimé le ton et le style, à la fois ironiquement décapant et plein de tendresse, les personnages attachants et la fin en forme de pirouette.

J’ai aimé les réflexions pleines de sens de Mona sur la vie, les enfants, l’amour... des réflexions qui m'ont fait réfléchir à mon tour. 

L’écriture m’a touchée, parce que je l’ai trouvée très juste comme sur ce passage qui parle de Madeleine, la fille de Mona  « Puisqu’elle ne formulait ni ses désirs ni ses manques ni ces attentes, personne n’y répondait. Ah, ce qu’elle pouvait en vouloir à ce maudit personne de ne pas savoir lire dans ses pensées ou décoder ses sous entendus !».

Alors de quoi ça parle ?

    

Résumé (quatrième de couverture)

 

Dans le quartier de Mona, les gens se croisent sans se voir. Est-ce une raison pour laisser s'installer la solitude et la morosité ? Chaque jour, la vieille dame s'offre une part de rêve en achetant un billet de millionnaire. Un rêve qu'elle trouverait plus grand s'il était partagé...

 

  

Mon résumé :

 Mona est une vieille dame seule qui parle à la Vierge Marie : « Mona était un moulin à paroles. Toutefois il y avait des jours où elle ne parlait pas. Des jours où les bureaux de tabac sont fermés et où les aides-ménagères restent avec leur mari. Des jours qu’on célèbre en famille, à condition que la famille veuille de vous. ».

Une vieille dame qui lutte vaillamment contre les affres du temps qui passe sur son corps « les jeunes ne se doutent pas qu’il faut aimer la vie tout de suite, dans un corps qui répond présent » et sur sa tête en apprenant par cœur les petites phrases des papillotes de noël. Une vieille dame qui achète chaque jour son ticket de millionnaire, attendant (et pas espérant) de voir apparaître les trois étoiles « Les rêves de Mona ne la concernaient pas directement. Ils découlaient de tout l’amour qu’elle vouait à sa fille, ses trois fils, ses petits-enfants et arrière-petits-enfants qui habitaient si loin, à environ cent kilomètres, et auxquels elle ne laisserait pas grand héritage si elle ne gagnait pas. Le millionnaire, c’était le genre de canne à se transformer en baguette magique ».

 

A côté de Mona, l’auteure nous brosse une galerie de personnages attachants et cabossés par la vie :

Suzanne l’aide ménagère qui « ressemblait à l’actrice Anémone dans les années 80 » et dont le mari fermier est atteint de sclérose en plaques, ce qui m’a parlé, forcément.

Lisa, l’épouse mal aimée et malheureuse : « en apprenant qu’il avait un second tétard en gestation, Jean Paul s’était renfrogné : il détestait que les choses se répètent  »

Martine, la quadragénaire complexée qui « aurait aimé recommencer sa vie, depuis la naissance jusqu’à ce jour mais dans une autre enveloppe. Si un bon génie lui avait accordé la plastique de Lisa, elle aurait supporté le mari infidèle, les beuveries, leurs enfants. Au quotidien, elle croisait une multitude de femmes. Parfois elle se calait sur une démarche, adoptait un port de tête. Elle ne singeait personne, empruntait juste l’attitude d’une autre mais demeurait à ce point insipide que personne ne s’en apercevait. Son allure impersonnelle ne souffrait pas de solutions. Femme invisible espère homme invisible pour fonder doux foyer invisible dans un monde aveugle. »

Simon « qui détestait les filles qui ressemblaient à des poupées avait perdu son boulot pour suivre une fille qui ressemblait à une poupée » et qui « ne voulait plus tomber amoureux. Il avait peur qu’un jour sa femme fasse comme sa mère avec son père, qu’elle dise : pourquoi j’ai épousé un con pareil »

 

Et tandis que grâce à Mona toutes ces solitudes se rencontrent et se rassemblent, sa vieillesse devient plus douce : « En compagnie de Simon, garder l’équilibre, mettre un pied devant l’autre, lutter contre la gravité, se méfier des bruits devenait aussi agréable qu’un ballon qu’on rend, une marguerite qu’on effeuille, un journal qu’on déplie »

 

Nathalie Salvi a dédié son livre à ses grands mère et j’ai aussi souvent pensé aux miennes lors de ma lecture. Ce n’est donc pas un hasard si « Mona 3 étoiles » est sélectionné pour le Prix Chronos de littérature, un prix littéraire, créé par la Fondation Nationale de Gérontologie. Sa thématique "Grandir, c'est vieillir ; Vieillir, c'est grandir" traite du parcours de vie, des relations entre les générations (enfants et personnes âgées le plus souvent), de la transmission du savoir, de la vieillesse et de la mort...

 

Pour ceux qui ne l'auraient pas compris, c'est une lecture que je vous conseille ^^ 

 

  

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lapuce 26/09/2010 02:46



Mince tu donnes drôlement envie!!



pandora 26/09/2010 14:47



C'est complètement le but (assumé) ^^



EvaNaissance 25/09/2010 18:50



Combien ce billet si parlant de cette auteure, de son livre, du sujet de celui-ci me donne envie de l'acheter et le lire.


Un bien joli et utile partage...grâce à Toi Pandora


dankon    


Eva


 



pandora 25/09/2010 19:11



Et bien si ce billet ramène une nouvelle lectrice à Mona, il aura rempli son office.


Tu ne seras pas déçue ^^



Cacoune 23/09/2010 07:58



Et je la note pleine d'envie !



pandora 23/09/2010 22:07



Tu peux le commander à la fnac, c'est livrable en 2 à 4 jours (je le sais parce que j'en ai commandé un hier pour le faire découvrir à une amie ^^)



macalys 21/09/2010 13:38



Très chouette fiche de lecture, qui donne très envie de découvrir ce roman !



pandora 21/09/2010 19:25



Tu peux y aller les yeux fermés (enfin il faudra les rouvrir pour lire, hein ^^)



Macada 21/09/2010 06:17



Trop envie de le relire !



pandora 21/09/2010 19:24



Je peux te le prêter si tu veux, il paraît que tu en es un peu la marraine