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Dimanche 4 janvier 2009 7 04 /01 /2009 00:02

Un exercice d'écriture pour les fanes de carottes sur le thème des horloges avec la fuite du temps, une requête gogole qui a mené un internaute chez elles ;-) 

Vous avez l’impression de ne rien avoir le temps de faire ?

Vous arrivez toujours en retard à vos rendez-vous ?

J’ai moi aussi été comme vous, victime du temps qui passe, de ce temps qui file cruellement sans se soucier des conséquences. Me culpabilisant de ne pas réussir à m’organiser comme je le devrais pour mener toutes mes tâches à bien. Je l’ai été mais je ne le suis plus car j’ai résolu un des mystères les plus obscurs de ce millénaire.

Oui Madame, oui Monsieur, moi Hyéronimus Métronomus, j’ai percé le secret du temps qui passe. J’ai fait une découverte qui a révolutionné ma vie et qui révolutionnera la vôtre, si vous prenez le temps (ha, ha !) de m’écouter. Croyez-moi, vous ne le regretterez pas.

Ne vous fiez pas à mon monocle et à l’aspect de ma coupe de cheveux liée à une nature capillaire indomptable, je ne suis pas le professeur Tournesol ou tout autre scientifique excentrique aux idées folles. J’ai consacré plus de 20 années de ma vie à chercher pourquoi le temps filait si vite, et j’ai trouvé.

Ce n’est pas par manque d’organisation, non Madame.

Ce n’est pas non plus en raison de la fameuse Loi de Murphy, non Monsieur, même si je dois reconnaître que c’est un facteur aggravant.

On dit toujours qu’il n’y a pas de mauvais outil mais un mauvais ouvrier et moi j’affirme le contraire en matière d’échelle temporelle.

Oui Madame, oui Monsieur, peut-être avez-vous juste un outil déficient qui vous donne mal l’heure. Moi, Hyéronimus Métronomus, professeur en chronologie métaphysique, j’ai prouvé que certaines horloges dysfonctionnent en laissant filer le temps.

Oui Madame, oui Monsieur, elles fuient tout simplement. Et ce manque d’étanchéité entraine une fuite du temps, source de retards préjudiciables.

Oui Madame, oui Monsieur et aujourd’hui dans votre ville, pour la modique somme de non pas 50, non pas 40, mais 30 petites minutes, je vous propose de tester votre horloge pour la remettre en état.

Ne laissez pas une fuite d’horloge gâcher votre vie.

Par pandora - Publié dans : textes - Communauté : plume d'oie
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Lundi 29 décembre 2008 1 29 /12 /2008 00:05

La première partie de ce conte écrit pour les fanes de carottes est ici et la seconde

Les bonshommes de neige s’enfuient de Dreamcity vers la montagne toute proche en emportant leurs victimes et les paquets qu’ils se distribueront. Ils ont été sages toute l’année et les méritent au moins autant que ceux à qui ils étaient destinés. Whity hésite un moment, ne sachant quel camp choisir, mais il ne tient pas vraiment à être là quand les enfants se réveilleront. Qui sait de quoi est capable un gamin privé de ses joujoux ? Il ne veut pas payer pour les autres. Après un dernier regard vers la fenêtre de la chambre de Fleur, il trace maladroitement un PARDON dans la neige et abandonne son bonnet, son cache-nez et ses gants, dont les couleurs vives se détachent nettement sur le tapis blanc. Puis il se presse de rejoindre les autres bonhommes qui sont déjà loin devant. 

Ils sont encore à plusieurs heures des grottes où ils vont festoyer pour célébrer leur victoire quand les premiers enfants se lèvent, très excités, pour se précipiter vers le sapin et y découvrir leurs cadeaux. Mais il est pareil à la veille. Les biscuits préparés pour le Père Noël sont toujours dans leur petite assiette. Et les bonshommes de neige ont disparu des jardins.

Le pays des Rêves s’est transformé en un abominable cauchemar. Pour les enfants en tout cas.

Car du côté des bonshommes de neige, les jours qui suivent sont très festifs au contraire. Les paquets ont été distribués et ouverts, les rennes dépecés et dévorés. Et après avoir servi de cible pendant de longues heures pour un concours de lancer de boules de neige le Père Noël attend, tétanisé (et pas seulement par le froid), la suite des événements. Car ses kidnappeurs ne sont pas d’accord entre eux. Certains veulent le tuer pour qu’il ne leur fasse plus d’ombre à l’avenir, mais bien que menés par l’éloquent Smily, ces extrémistes sont minoritaires. La plupart veulent simplement un peu plus de reconnaissance et d’attention de la part des enfants. Etre chaudement habillés pour l’hiver[1], avoir des yeux, une bouche, des oreilles pour que tous puissent voir, parler et entendre, mais surtout une belle carotte comme nez[2]. Et puis une petite place à côté du sapin et de la cheminée pour participer au Réveillon[3]. On finit par se mettre d’accord sur les revendications, puis Smily rase la barbe du Père Noël pour prouver aux humains qu’ils ne plaisantent pas. D’un geste maladroit (bien que certains pensent qu’il n’en est rien), il marque la joue du rougeaud d’une fine estafilade qui goutte en ponctuant la glace et la barbe blanches de sang. Monster se porte messager volontaire pour cette dangereuse mission et Smily lui adjoint Whity : bien que plein de bonne volonté, Monster ne serait jamais capable de retrouver seul le chemin de Dreamcity.

Mais au pays des Rêves, les années sont courtes et les beaux jours reviennent déjà, avec Carnaval, ses crêpes et ses déguisements, rapidement suivi de Pâques et sa chasse aux œufs. Monster, gêné par la longue barbe que Smily lui a malicieusement collée, avance doucement, et les deux messagers rétrécissent inexorablement à mesure que la température augmente pour disparaître bien avant d’avoir pu atteindre Dreamcity. La neige est progressivement remplacée par les fleurs des champs et les bonshommes de neige fondent dans les grottes des montagnes. Il ne reste bientôt plus de Smily l’Horrible qu’un chapelet de pierres noires sur le sol de la grotte. Le Père Noël, aminci par son jeûne forcé et rajeuni de vingt ans sans sa barbe, est libre. Mais sans les rennes pour tirer son traîneau volant, il lui est impossible de rejoindre les lutins et la Mère Noël à temps pour le prochain Réveillon. Le temps passe vite au pays des Rêves, où tous les jours que les enfants n’aiment pas (particulièrement les jours d’école) ont été supprimés du calendrier. C’est peut-être l’occasion pour lui de changer de vie, cette existence laborieuse commençait à lui peser. Il ne tient pas tant que cela à retrouver son épouse qui ne ressemble plus à la jolie femme qu’il a épousée il y a fort longtemps maintenant. Quant aux enfants, ils deviennent si exigeants et capricieux. Non, vraiment, il n’a aucune envie de reprendre son activité. Il se verrait plutôt apiculteur ou trappeur. Ou berger…

Au pays des Rêves, les journées se suivent et se répètent selon le même rituel immuable : Noël puis Carnaval, Pâques puis les vacances d’été et le cycle recommence. Mais depuis ce réveillon, plus aucun enfant n’a jamais fait de bonhomme de neige. Et ce sont désormais leurs parents, déguisés d’un habit rouge et d’une longue barbe blanche, qui apportent les cadeaux. Le Père Noël ne passe plus mais quelle importance puisque tous les jouets commandés sont bien sous le sapin ?



[1] On ne sait pas assez combien le bonhomme de neige est frileux.

[2] On ne sait pas non plus assez combien le bonhomme de neige est coquet.

[3] On sait très bien par contre combien le bonhomme de neige est stupide.



Par pandora - Publié dans : textes - Communauté : Agora
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Samedi 27 décembre 2008 6 27 /12 /2008 00:13

Un conte de Noël en 3 parties écrit pour les fanes de carottes et retravaillé avec Ekerwke

Comme le veut la tradition, la neige est tombée à gros flocons au pays des Rêves. Un épais manteau blanc recouvre les toits et les jardins, tapis d’ouate qui amortit les sons et transforme le paysage. Un Noël sans neige est inenvisageable : ce serait une vraie catastrophe ! Heureusement cette année encore les faiseurs de temps ont réussi à accorder la météo au calendrier, malgré le réchauffement planétaire qui complique leur travail. Même au pays des Rêves il faut compter avec la pollution et les réalités écologiques.

Dans la maison des Pearson, un majestueux sapin trône au centre du séjour. Il est généreusement décoré de bougies blanches, de boules de verre colorées et de figurines en pâte à sel que les enfants ont façonnées de leurs petites mains parfois malhabiles. Si son sommet porte la grande étoile dorée fièrement mise en place par la cadette, le pied est bien dégagé pour recevoir paquets et cadeaux. La mangeoire de l’indispensable crèche recevra dans quelques heures la figurine du petit Jésus.

Les enfants de la famille Pearson se sont levés tôt, très excités : les vacances d’été ont été bien longues mais Noël est enfin là. Pendant qu’ils avalent leur petit-déjeuner en vitesse, Mrs Pearson enfourne les gâteaux qu’on déposera près de la cheminée pour le Père Noël. La cuisine sent bon la cannelle et le chocolat mais Phil et Chester, les jumeaux, et Fleur, leur petite sœur, n’y prêtent aucune attention. Ils n’ont que quelques heures pour donner vie à Whity, leur habituel bonhomme de neige, et ils ne doivent donc pas traîner.

Bien protégés par les lainages tricotés par leur grand-mère[i], ils se précipitent dans le jardin pour rouler les boules de neige qui formeront le bonhomme. Le soleil se réverbère sur la neige et le temps semble suspendu. Les pas crissent et les enfants rient. Ils assemblent Whity sous le cerisier aux branches parées de leur habillage de Noël, juste en face de la fenêtre du salon pour qu’il puisse aussi participer à la fête. S’ils peinent à soulever la grosse bedaine, pestant et se disputant quand le montage reste trop instable, le bonhomme de neige reprend forme cette année encore. Personne n’a jamais prétendu que c’était facile! Les joues rougies par le froid mordant et les mains glacées dans les gants de laine détrempés, les enfants Pearson se reposent un instant et se réchauffent les doigts en soufflant dans leurs mitaines.  

Puis Fleur va gratter sous la neige au niveau de l’allée pour y dénicher quelques cailloux qu’elle dispose les uns au dessus des autres sur le ventre du gros bonhomme. Chester arrache deux boutons sur sa veste d’hiver - qui n’en manque pas, leur mère ne devrait rien remarquer - pour donner de beaux yeux bleus à leur bonhomme afin qu’il puisse admirer les jolies lumières de Noël et le sapin décoré de guirlandes. Phil sort de sa poche la carotte encore coiffée de quelques fanes qu’il a dérobée dans la cave en bravant les monstres tapis dans l’obscurité. Après l’avoir dépiautée[ii], il la place au centre du visage bien rond de Whity et ramasse deux longues branches pour lui donner des bras. Et comme il fait vraiment très froid, Fleur noue son cache-nez rouge autour du cou du bonhomme, Chester le coiffe de son bonnet vert, Phil quitte ses gants jaunes trempés de neige et de ses doigts gourds en habille le bout des branches afin que Whity n’ait pas froid aux mains. Satisfaits, les trois enfants Pearson, glacés mais heureux, se réfugient en courant dans la cuisine. Là où il fait chaud et surtout où les attend un bon chocolat.

Dans les autres jardins de Dreamcity, les enfants Wilson, Parker ou Birdies ont également fait leurs bonshommes de neige, tenant ou non un balai, avec ou sans nez, avec ou sans bouche, qui portent eux aussi un petit nom répété chaque année. Dans la lumière qui décline doucement, annonçant la longue nuit de Noël, les bonshommes de neige si familiers prennent des allures fantomatiques à la lueur de la lune. Chez les Pearson, les yeux globuleux de Whity fixent l’intérieur de la maison dans laquelle résonnent déjà les cris joyeux des enfants et la sirupeuse mélodie de Noël.



[i] Car on sait que les mailles pleines d’amour tiennent beaucoup plus chaud que les mailles ordinaires.

[ii]  Attention, toutes les fanes de carottes ne sont pas dépiautables !

Par pandora - Publié dans : textes - Communauté : Agora
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Vendredi 26 décembre 2008 5 26 /12 /2008 00:10
Voici un texte en réponse à un appel de Enriqueta:

La poste vous envoit une lettre datant de plus de dix ans (à vous d'inventer le nombres d'années). De qui émane-t-elle? Cette personne est-elle encore vivante? Fait-elle encore partie de votre vie? Que vous dit-elle?
Cette lettre va bouleverser votre vie actuelle. Inventez cette histoire


Tout a commencé par un banal repas de famille : des discussions sur tout et rien, sur le temps qui passe et sur la vie en général. Alors que nous allons attaquer le dessert, ma mère se lève soudain en se souvenant de quelque chose. Une vieille lettre qui m’est adressée,  alors que je suis pourtant parti de la maison depuis plus de dix ans, est arrivée la semaine dernière. Intrigué, je prends l’enveloppe qu’elle me tend et y reconnais aussitôt l‘écriture. II y a des choses qui ne s’oublient pas, même après si longtemps. Mélissa…  Je me souviens encore de ses lettres bien rondes, presque charnues qui m’évoquaient des dunes de sable et les courbes de son corps. Elle m’écrivait des poèmes qui me faisaient frémir de désir, elle pensait que c’était à cause des mots. Moi je ne voyais que son corps. Et ses formes.

Cela fait combien de temps aujourd’hui ? Dix ans ? Quinze ans ? Chirac a été élu président cette année-là. Elle est partie sans laisser d’adresse, alors qu’on parlait de vivre ensemble. Du jour au lendemain. Pschitt. Après m’avoir allumé, elle m’a laissé tomber comme une vieille chaussette. Ca, elle s’était bien foutue de moi la garce ! Et ses parents qui refusaient de m’adresser la parole en me menaçant d’aller à la police, je me demande bien ce qu’elle avait pu leur raconter sur moi. Ils ont déménagé très vite après son départ et je me suis retrouvé seul comme un con. Le cœur brisé. Mélissa…

Je tiens l’enveloppe en me demandant ce qu’elle peut bien me vouloir après tout ce temps. Des remords peut-être, mais c’est un peu tard … Ma famille m’observe avec curiosité et  je quitte la pièce en m’excusant pour aller  m’isoler dans le bureau paternel. Je regarde l’enveloppe au papier jauni et suis frappé par le timbre et l’oblitération : Bordeaux  16/10/1995. Comment est-ce possible. Pourquoi n’ai-je cette lettre qu’aujourd’hui ? J’hésite à l’ouvrir, me demandant si je ne ferais pas mieux de tout jeter au panier sans lire. A quoi bon remuer le passé ? Après tout ce temps, ai-je vraiment envie de jouer à ça ? J’ai mis près d’une année à me relever et beaucoup plus pour à nouveau faire confiance à une femme. Mais j’ai toujours été curieux:

 « Pierre,

Je suis désolée de partir comme ça mais mon père est devenu complètement fou quand il a su. Il veut te tuer et il en est capable. Il parle de détournement de mineure et j’ai beau lui expliquer que j’ai plus de vingt ans, il ne veut rien entendre. Il m’envoie chez ma tante à Bordeaux.

Je ne veux pas partir mais je n’ai pas le choix. Je ne veux pas qu’il nous fasse du mal. Je dois partir pour nous.

Pierre, je suis enceinte et c’est ce qui rend fou mon père. J’aurais tellement voulu t’annoncer la nouvelle de vive voix. En m’expédiant loin de toi, il espère me convaincre d’avorter mais je veux garder notre enfant. Notre premier enfant.

Ma tante habite 23, Rue de l’abreuvoir. J’ai besoin de toi pour que nous nous installions quelque part loin de mes parents. Viens dès que tu le pourras et que tu auras un endroit pour nous. Je t’attendrai comme la princesse captive attend son prince dans le donjon.

Je t’aime, sois en convaincu. Je t’aime tellement.

Viens vite.

Ta Mélissa et l’enfant qu’elle porte de toi. »

Je suis pris de sueurs froides et d’un haut le cœur. Je lis et relis en espérant avoir mal compris, mais la réalité est bien cruelle. Cet appel à l’aide de Mélissa qui m’annonce que je  suis père arrive bien tard. Trop tard. Mélissa qui doit avoir refait sa vie avec un autre. Elle m’aura attendu, j’en suis sûr, mais combien de temps.?D’abord confiante en moi, elle a dû commencer à douter en n’ayant pas de mes nouvelles, sous la pression de ses parents.  Elle a dû me maudire et me prendre pour un lâche, pour un salaud. D’ailleurs peut-être ne suis-je même pas père si elle a fini par céder en ce disant qu’il valait mieux que l’enfant ne vienne pas au monde.

Ma vie foutue par la faute d’un putain de postier.

 

« Un drame a eu lieu aujourd’hui dans le bureau de poste de Vitry sur Yvette. Un forcené est entré armé d’un fusil et a fait feu sur le personnel qui s’y trouvait, tuant une préposée et le responsable du bureau. Il a ensuite gagné le centre de tri situé à l’arrière du bâtiment où il a à nouveau tiré plusieurs coups de fusil en tuant 4 personnes et en en blessant gravement 3 autres, avant de retourner son arme contre lui. Le forcené est un homme de 42 ans qui selon les sources policières aurait perdu la tête suite à un retard de courrier. »

Par pandora - Publié dans : textes - Communauté : La gazette des blogs
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Samedi 20 décembre 2008 6 20 /12 /2008 08:56

Un texte écrit pour le défi du samedi sur la consigne suivante :

Nous sommes le 24 décembre, il est dix-huit heures et le Père Noël est introuvable. Il a disparu.  A vous de nous dire ou il est passé et de faire en sorte qu'il soit à son poste à temps pour la distribution des cadeaux.




Les lutins sont ravis, ils sont parfaitement dans les temps et s'accordent même le luxe de fumer une cigarette (au chocolat bien sûr). Le traineau a été briqué et passé au polish,  les rennes brossés et attelés et les jouets rangés et préparés selon un ordre précis. Chaque minute compte et les enfants sont tellement nombreux que tout doit être pensé avec le plus grand soin, la tournée est une vraie course contre la montre mais tout est prêt. Il ne manque plus que l’artisan de la fête, le héros du soir. Le Père Noël. En retard, ce qui est très inhabituel.

Et pour cause…

-          Mais qu’est-ce que tu as fait à mon costume ?

-          Rien du tout. Habille-toi maintenant!

-          Je ne peux pas enfiler ça, ce n’est pas mon costume.

-          Mais enfin Noël, arrête de faire l’enfant !

-          Ca ne peut pas être MON costume !

-          Je te dis que c’est le même, habille toi !

-         Non, MON costume est rouge. Pourquoi n’est-il plus rouge cette année ?

-          Les enfants n’y verront que du feu.

-          Mais ils ne sont pas tous daltoniens !

-          Je te promets que tout va bien se passer. De toutes façons, ce qu’ils veulent ce sont les cadeaux ! Et puis il était temps de changer un peu, ce rouge commençait à me donner la migraine. Fais-moi plaisir chéri, habille-toi. Les enfants t’attendent et tu vas être en retard…

-          Tu aurais tout de même pu m’en parler avant…

Le Père Noël prend le costume et s’habille tout en continuant de ronchonner. Quand il est enfin prêt, la Mère Noël s’approche pour l’embrasser.

-          Je te trouve très sexy en bleu…

-          Vraiment ?

-          Oui, vraiment. Et quand tu verras ma nouvelle parure de Mère Noël du même bleu que mes yeux, tu arrêteras de te plaindre.

-          Montre-la-moi vite alors.

-          Bas les pattes, c’est pour APRES la tournée. Dépêche-toi de partir, les lutins doivent commencer à s’inquiéter.

-          Tu ne perds rien pour attendre, je serai bientôt de retour! Mais dis-moi chérie ?

-          Oui ?

-          Tu es sûre que ce changement de sponsor était vraiment nécessaire ?

-        Quand tu verras le voyage de rêves que Pepsi nous offre, je te garantis que tu ne regretteras plus ton costume rouge!

Par pandora - Publié dans : textes - Communauté : plume d'oie
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Vendredi 19 décembre 2008 5 19 /12 /2008 00:01
Toujours dans le thème de la métamophose, terriblement inspirant, pour les Impromptus





Caméléon, nul ne la voit vraiment

Elle s’adapte à son environnement

Se couler dans le moule qu’on attend

Est devenu pour elle un jeu d’enfant

 

Elle dispose des masques adaptés

Aux personnages qu’elle veut jouer

Elle se métamorphose à volonté

Pour se cacher et se protéger

 

Mais à trop vouloir se transformer

Multipliant les combinaisons à l’infini

Elle finit par ne plus savoir qui elle est

Tant de costumes où plus personne ne vit

 

Coquille vide ballotée au gré des courants

Elle ne sait plus très bien ce qu’elle ressent

Noyée sous le poids des faux semblants

C’est en réalité à elle qu’elle ment.





Par pandora - Publié dans : textes - Communauté : Agora
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Samedi 6 décembre 2008 6 06 /12 /2008 13:04

La suite du billet précédent, juste en dessous...

Et tous les deux de s’esclaffer à nouveau en se resservant un liquide verdâtre duquel il ne reste plus grand chose dans la bouteille. Ceci expliquant cela.  La porte s’ouvre alors avec fracas et les gros rires avinés de nos deux compères s’interrompent brutalement, les regards de connivence se transformant en regards gênés.  Deux silhouettes se découpent à contrejour, menaçantes, dans la lumière aveuglante de la cour extérieure.

 

A mesure qu’elles se rapprochent, leurs pas claquant en résonnant sur les pavés de la salle principale du château, elles se matérialisent progressivement en deux femmes que tout oppose. La plus grosse, toute en rondeurs, est vêtue d’une robe verte informe recouverte d’un grand tablier, vert lui aussi et ses longs cheveux roux sont ramenés en un sévère chignon. Elle a de magnifiques yeux dont le vert est rehaussé par le rouge de son visage, la colère faisant ressortir les tâches de rousseur qui constellent ses joues. L’autre, aussi maigre que la première est grosse, porte une longue robe noire et un chapeau pointu sur des cheveux filasse.  Son visage très pâle, au nez crochu, semble tout aussi en colère.

Elles rejoignent un grand loup au pelage poivre et sel et un énorme ogre assis à une lourde table de bois qui essayent en vain de se donner une contenance et de cacher la bouteille, cet objet de plaisir devenu celui du délit. Ils se tiennent penauds devant leurs épouses dont ils n’osent pas affronter le regard. Le redoutable ogre les observe du coin de l’œil et semble se demander à quelle sauce il va être mangé et les oreilles du loup sont tombées si bas qu’on pourrait presque le prendre pour un teckel. Parce que ces dames, ou plutôt devrions-nous dire ces créatures, ne sont vraiment pas contentes. La Fée Carabosse se rapproche du loup d’un air sévère :

-   Mais vous n’avez pas honte espèces d’ivrognes. Vous saouler en pleine après-midi ! Tu sais bien que ce n’est pas bon pour ton foie, le véto te l’a déjà dit.

-   Héhé Cara, on ne faisait que trinquer à la santé du bon vieux temps, enfin tu sais quoi... du temps où… Oh ! J’aimerais tant pouvoir recroquer de l’enfant.

Et le grand loup de pousser sa chaise pour se reculer et hurler à la mort à l’intérieur du château, son cri faisant d’envoler toutes les chauves-souris et autres bestioles réfugiées sous les poutres du haut plafond. La fée Carabosse, radoucie, le regarde tendrement et pour lui rendre le sourire lui promet à l’oreille d’essayer d’attirer un enfant en se transformant en héroïne de manga lors d’une prochaine sortie scolaire dans leur forêt. Ou à défaut en un de ces stupides lapins ou cochons.

-   Oui Bibiche, reprend l’ogre en se tournant vers son épouse, nous parlions de mon plat préféré, tu sais le  délicieux délice, ces petits enfants que tu me mitonnais avec tellement d’amour. Je donnerais un bras pour en remanger une pleine marmite. Maudits parents qui ne laissent plus sortir leurs gosses dans les bois !

-   Tu sais bien que même sans ça, je continuerais à te laisser au régime…

-   Mais pourquoi Palsembleu ! tonne l’ogre d’une voix redevenue particulièrement menaçante.

-    Parce que le docteur a dit que tu avais trop de cholestérol et que tu ne finirais jamais le millénaire si tu continuais à te goinfrer comme tu le fais !


Texte écrit pour les fanes de carottes sur le thème du délicieux délice et retravaillé avec Sébastien






Je suis toujours ennuyée quand mes billets sont très longs, parce que j'ai peur de vous effrayer. Je vous ai donc publié cette histoire en deux fois, préférez-vous cette option ou tout en une fois même si c'est long?

Ca faisait longtemps que je n'avais pas fait de sondage ;-))
Votre avis m'intéresse ;-)



Par pandora - Publié dans : textes
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nanowrimo 2009


Virée à coups de pierres du nanowrimo 2009
pour insuffisance de résultat...

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