
Je suis super heureuse

La photo est de moi, hé hé
Le trek se rapproche et ma préparation oscille entre le meilleur et le pire, comme à mon habitude, mauvaise, je le sais. Ce rythme binaire du tout ou rien que je pratique en permanence, quel que soit l'enjeu. Toujours sur le fil du rasoir, toujours à la limite. Toujours sur le mode du « ça passe ou ça casse »
Bien sûr ; je perds un peu de poids (mais j'en ai tant à perdre ) et j'ai retrouvé le chemin de ma salle de sport, mais c'est difficile. Mes placards sont vides de toutes les choses auxquelles je ne sais pas résister. En cas d'urgence, j'en viens faute de mieux aux solutions à la Mc Gyver comme manger des pépites qui étaient destinées à devenir une fondue au chocolat. L'étau se resserre et la prochaine fois, il me faudra probablement vider mes tiroirs et en lécher le fond pour avoir une petite chance de recueillir de rares miettes chocolatées...
Je me rassure en me disant que je ne pars pas en terrain complètement inconnu, que je vais retrouver Yannick Sherpa qui adoptait un tempo adapté à ma respiration, Anita et Isa qui me connaissent bien, sous toutes mes facettes. Je sais que je pourrai compter sur eux, que je serai bien entourée.
Mais le trek sera difficile même s'il n'y a que dix journées de marche, nous allons monter haut, très haut.
Au-delà de 4000 mètres avec rapidement des nuits à plus de 5000 mètres d'altitude. J'ai beau savoir que le mal des montagnes n'est pas en rapport avec le degré de préparation, j'ai peur...
D'autant que ma forme ne sera pas optimale.
Je lis et relis la Fiche Technique pour essayer de me booster, pour que je ne me réfugie pas dans l'écriture comme je le fais ces derniers temps plutôt que de me préparer, que je reste bien ancrée dans le réel.
Mais le temps passe, à la fois trop et pas assez vite.
Ces vacances seront-elles un calvaire, ou vais-je une nouvelle fois y trouver un nouveau souffle ?
Vais-je partir pour l'Enfer que je me prépare ou le Paradis que j'espère ?
A quoi dois-je m'attendre ?
"Ki ki so so largyalo" que les Dieux de la montagne soient avec moi.
Comme l'année dernière à la même époque, nous nous sommes retrouvés avec des amis marcheurs pour un week end de
randonnée avec nuits en ferme auberge pour être au plus près des montagnes.
Et Isa, une des groupettiste du Zanskar 2008 est
venue se rajouter à notre groupe, ce qui m'a permis de la revoir avant que nous ne repartions ensemble cet été pour le Ladakh 2009. Les photos sont d'elle (Mon appareil photo est en
réparation, maintenant que j'ai retrouvé la garantie, et j'espère le récupérer avant le départ ;-))
Arrivés le vendredi soir, nous avons savouré les produits locaux au point de nous lancer dans une petite marche digestive nocturne. L'hébergement est très confortable même si le fait d'être cinq
dans la même chambre a un petit côté colonie de vacances plutôt amusant.
Samedi, nous commençons à marcher vers 9h30. La météo n'est heureusement pas aussi mauvaise qu'attendue et nous marchons par un temps idéal, ni trop chaud en l'absence de soleil, ni trop
froid.
Nous avançons dans des paysages magnifiques, montant et descendant au gré des monts et des cols. Nous avons
alors la surprise de découvrir de drôles de drapeaux de prières :
Qui nous en rappellent d'autres, comme une sorte de clin d'oeil du destin :
Et nous poursuivons notre
randonnée avec une pause sandwich agrémentée d'une bonne petite bouteille. Les paysages se succèdent et les jambes deviennent plus lourdes, nous descendons beaucoup alors que l'heure tourne:
nous approchons de 16h30 et la ferme auberge est en haut, à plus de 1000 mètres d'altitude.
Les sourires des garçons du groupe se font plus crispés, et les remarques des filles plus acerbes, nous perdons tout sens de l'humour quand notre
guide du jour nous annonce qu'après plus de 6 heures de marche, il nous reste encore 700 mètres à remonter pour rejoindre le refuge. Le petit vin de groseille, bu au village du bas dans
une dernière pause ne nous rendra qu'incomplètement le sourire, d'autant que le guide paye la tournée pour se faire pardonner par avance, ce qui n'a rien de rassurant !
La pluie nous cueille en pleine montée et je commence à vraiment souffrir quand nous passons en forêt sur
des sentiers aux pentes raides et irrégulières, jonchées de racines qu'il me faut enjamber par de grands pas qui me cassent le rythme et les jambes. Mes kilos me pèsent, comme j'en ai trop
bien l'habitude. Je serre les dents et ferme la marche, le groupetto zanskarien se reforme en duo et nous arrivons enfin sous la pluie à la ferme auberge après une marche forcée qui n'a plus rien
d'agréable, autour de 19h30.
Il s'en est fallu de peu que nous ne pendions haut et court notre guide ce soir là ! Heureusement, la douche chaude et le repas du soir nous rendent le sourire. Ce qui ne tue pas rend plus
fort.
Au total la première journée a consisté en 10 heures de rando dont 8 heures de marche en enlevant les pauses pour un dénivelé de 1350 mètres, on ne compte pas la distance en montagne, mais
nous sommes sûres d'avoir également pas mal enchainé de kilomètres.
Heureusement, la journée de dimanche a été plus soft... mais ce sera pour un autre billet ;-)
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