Scènes de vraie vie

Dimanche 6 décembre 2009 7 06 12 2009 17:23

Je profite d'un nouveau moment de calme pour vous parler d'émotions que j'ai vécues hier en allant dans le village d'Iwol et ce matin en assistant à la messe dans la grande église de Kédougou.
Ce furent des moments forts pour moi qui ai tendance ces derniers temps à ériger le cynisme en religion même si je puise une certaine paix de mes voyages himalayens.

Hier matin, nous avons donc grimpé sur les collines pour accéder au village Bedik de Iwol. Cette éthnie est restée longtemps préservée, notamment des tentatives d'islamisation venant du Fouta voisin en se réfugiant dans les montagnes.



Ce village est devenu très touristique en raison notamment de la présence d'un baobab de 31 mètres de circonférence qui serait le plus grand d'Afrique de l'Ouest, mais ce qui m'a émue, moi la toubab, ce fut cette église batie parmi les cases.



Je n'ai pas eu la chance d'y assister à une messe, mais ce matin, il y avait autant de monde dehors que dedans, et la chorale chantait au rythme des djembes dans une ferveur que je n'arrive plus à retrouver en France.


Et parce que je profite chaque soir d'un magnifique coucher de soleil sur la Gambie, en voici un aperçu



La semaine prochaine, j'accompagne mon magicien pour passer la journée et la nuit dans deux villages, un peul puis un bédik, au plus près des populations pour faire passer un message de sensibilisation dans le cadre de la prévention de la bilharziose.
Je suis très fière parce que le projet qu'il pilote commence à porter ses fruits. Les enfants ne veulent plus aller dans les marigots où il y a les "escargots" (les coquillages qui abritent les vecteurs de la maladie) et que les villageois sont désormais demandeurs de latrines.
C'est la seule prévention efficace pour que les enfants soignés et guéris (100 % des enfants du premier villages sont porteurs de la bilharziose) ne soient pas réinfectés à la saison des pluies suivantes par les marigots dans laquelle les selles pleines de parasites (et de plein d'autres germes) se seront déversées. Mais c'est un sacré changement culturel, notamment pour les bédiks où aller faire ses besoins se dit "aller dans la brousse".
A bientôt

Par pandora - Publié dans : Scènes de vraie vie
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Jeudi 3 décembre 2009 4 03 12 2009 16:00




Chers amis,

Je pourrais vous parler de cette longue traversée vers l’Est depuis la capitale pour arriver à la petite ville de Kédougou à l’extrémité sud est du pays.

Je pourrais vous parler de la piste qui secoue et de la poussière chargée de latérite qui rougit jusqu’au vert franc des feuilles de la végétation en bordure de route.

Je pourrais vous parler des villages de cases qui ont progressivement remplacé les constructions en dur, des chèvres et des zébus qui traversent la route, de cette brousse que j’aime tant.

Je pourrais vous parler des femmes qui travaillent le dos cassé dans les champs, des ânes qui tirent les charrettes et des enfants qui vont chercher de l’eau.

Je pourrais vous parler de ma surprise de découvrir les herbes hautes et les feuilles des arbres quand je ne connaissais que les étendues désertiques d’avant la saison des pluies.

Je pourrais vous parler des forêts de baobabs, des magnifiques fleurs de gombos et des pamplemousses que j’ai vus pousser sur les arbres.

Je pourrais vous parler des mères qui marchent droites, une bassine sur la tête et un enfant dans le dos, belles et élégantes dans leur tenue colorée.

Je pourrais vous parler du coucher de soleil sur la Gambie, des singes qui aboient dans le grand fromager et des bruits des animaux de la nuit.

Je pourrais vous parler des rouges et des jaunes et des bleus et de toutes les couleurs éclatantes des boubous sortis pour la fête du bistaki.

Je pourrais vous parler de la difficulté de prendre des portraits malgré les sourires éclatants qui ne suffisent pas toujours à éclairer les visages.

Je le pourrais.

Je le ferai si la faible connexion wifi du campement suffit à vous envoyer cette lettre. Les voies du net sont impénétrables !



Passage rapide pour vous dire que tout se déroule à merveille, la magie est au rendez-vous et je fais de sacrées rencontres

PS: Homéo, ne donne pas trop à manger aux poissons, ils vont tomber malades ;)
PS2: J'aurais voulu vous mettre d'autres photos mais ça ne passe pas... tant pis




Par pandora - Publié dans : Scènes de vraie vie
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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 11 2009 00:41

Bon ben ça y est, je repars en vacances. Oui, déjà !!!
Je décolle dans quelques heures pour passer deux semaines en brousse avec mon magicien. Il va travailler mais pas moi, ce seront de vraies vacances pour me reposer comme je n'en ai pas eues depuis... Hou la la !!!
Pas de trek, rien à faire, juste des moments pour lire, écrire, faire des photos et prendre le rythme du pays. Me reposer.
J'ai pour l'occasion acheté un petit eepc que je peux emporter facilement avec moi pour écrire si le coeur m'en dit, et j'ai pris le manuscrit de morceaux de sep avec les corrections faites cet été. Et plein de bouquins.
Mais en fait il est fort probable que je ne fasse avancer ni ma pile de livres, ni mes corrections, mais ça n'a pas d'importance.
Je vais découvrir l'Afrique au travers des yeux de mon magicien et ça vaut toutes les lectures du monde ;)
Pour le reste, j'improviserai et suivrai les envies et occasions du moment.

Comme il me reste plein de photos prises cet été je vous ai programmé des billets photo pour vous occuper pendant mon absence
A bientôt





Par pandora - Publié dans : Scènes de vraie vie
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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 11 2009 00:03

Dimanche dernier, j’étais chez des amis et nous sommes amusés en grands enfants que nous sommes - mais avec l’alibi des leurs, d’enfants - avec leur wii. Sauf que cette redoutable machine a l’indélicatesse, lors de la création d’un nouveau profil de peser le nouveau venu… moi en l’occurrence. C’est bien parce que ce sont de très vieux et de très bons amis que je me suis pliée à la tradition wiiesque et j’ai alors découvert avec joie et surprise que j’avais quitté, de peu mais quand même, le club très fermé des obèses qui se définit par un rapport Poids/(taille)2 > 30.

 



La machine n’annonce en effet pas le poids mais calcule l’IMC ou Indice de Masse Corporelle

Enfin pas si fermé que ça puisque je lis aujourd’hui  dans la presse que l’obésité concerne désormais 6,5 millions de français soit 14% de la population. Les français ont pris en moyenne 3 kilos (et je dois confesser ici publiquement que j’ai dû faire monter artificiellement cette moyenne parce que dans mon cas on peut presque rajouter un zéro derrière le 3…) en douze ans et c’est un réel problème de santé publique.

Je n’ai pas caché le retour de mes problèmes de compulsions alimentaires des dernières semaines, et j’avais été agréablement surprise de constater en me pesant ce weekend que j’avais fait plus que limiter la casse puisque j’avais maintenu le petit kilo perdu depuis le retour du trek et pas repris de poids depuis plus de 2 mois donc que je suis rentrée. Mais à quel prix !

Une bataille du quotidien où je dois résister pour ne pas me précipiter et sortir acheter les plaquettes de chocolat et autres douceurs chocolatées que j’ingurgiterais sans retenue mais qui calmeraient, au moins pour un temps, les angoisses. J’ai mis longtemps à en parler et plus encore à utiliser le mot boulimie, notamment parce que ça me met très très mal à l’aise. Mais l’absence totale de contrôle et la répétitivité des accès au point d’entrainer des prises de poids de plusieurs kilo en un mois (voire souvent en une semaine) rendent le mot grignotage bien doux et gentil par rapport à une réalité qui ne l’est pas du tout. Que je me restreigne, au moins au début, aux aliments chocolatés et sucrés quand certaines boulimiques que j’ai vues dans des reportages mangent des boites de cassoulet sans même les chauffer n’y change rien.

J’ai depuis mon adolescence un rapport compliqué à la nourriture et j’ai tendance à compenser mes difficultés en mangeant les choses que j’aime et qui me calment. Ce qui se voit de plus en plus sur la balance. J'ai donc testé la quasi totalité des régimes existants sur le marché pour reperdre quelques kilos, le plus souvent n'importe comment. Ca, j'en ai perdu du poids,  mais j'en ai repris plus encore au fil des années. Je connais maintenant parfaitement la théorie d’une alimentation saine et équilibrée, mais c'est la pratique qui pêche. Les kilos sont là, bien installés et sont un vrai baromètre de mon humeur.

J’aime manger, et mon magicien le sait qui me fait plaisir en me cuisinant les plats que j’aime. J’aime aussi faire à manger aux gens que j’apprécie et cuisiner quand je reçois du monde. Mais je suis aussi une grosse faignasse qui ne se cuisine rien quand elle est seule. Un bon repas se savoure et se partage pour moi. A plusieurs.

Quand je suis seule, j’ingère  les parts nécessaires de protéines, sucres et lipides mais la notion de plaisir est moindre. La solitude, c’est le terrain secret de mes accès boulimique.

Si je n’avais pas les treks qui chaque année m’obligent à me reprendre en mains avant le départ et me font perdre un peu de poids, je serais depuis longtemps  bonne à rouler.

Alors je compense en mangeant à l’extérieur à midi en général, des repas équilibrés après un petit déjeuner. Le soir et le moment du retour à la maison sont actuellement des  moments redoutés et redoutables où il me faut me battre et résister aux envies. Après une phase épuisante et très difficile ces dernières  semaines, ça a heureusement l’air de se tasser pour le moment. Et mes weekends sont conviviaux puisque je suis rarement chez moi et mange en famille, chez les amis ou avec mon magicien. Mon magicien qui est particulièrement tolérant et encourageant. Il n’est jamais culpabilisant alors qu’il m’a vu passer par toutes les tailles depuis le temps qu’on se connait. Il me dit ne pas avoir de préférence de taille sinon celle dans laquelle je me sens bien. Son soutien m’est une vraie force actuellement. Ca ne m’empêche pas toujours de craquer, mais je peux lui en parler sans honte et souvent dédramatiser en riant avec lui ces kilos qui me font tellement souffrir.

Un billet en désordre sans vrai fil conducteur mais tant pis ;)

 

Edit : J'ai trouvé mon fil ET ma transition ;)

Pat la fourmi cite un article (clic) qui parle d'un lien qui existerait entre l'obésité à l'adolescence et un risque doublé de développer une sep à l'âge adulte.

Je n'étais pas obèse à l'adolescence, mais je vois mon neuro ce soir ;)

Par pandora - Publié dans : Scènes de vraie vie
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Vendredi 30 octobre 2009 5 30 10 2009 00:16

Je serai là :



Clic sur l'image pour vor le programme
L'occasion aussi pour moi de rencontrer enfin

Par pandora - Publié dans : Scènes de vraie vie
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Lundi 26 octobre 2009 1 26 10 2009 00:00
Dans la lignée des Gem/Gempa de feu epidemik, Voldemag nous propose de partager quelques souvenirs d'enfance
N'hésitez pas à les contacter si vous voulez faire de même

Il y en a plein d'autres à lire ici






Quand j’étais petite, le générique des dossiers de l’écran me terrifiait et je courais pour passer à côté du recoin sombre et traverser le long  couloir qui conduisait à ma chambre. La nuit, je n’allais pas aux toilettes à cause de la lucarne sans volet par laquelle les monstres pouvaient entrer. Mais j’avais moins peur du bonhomme en blanc du parc et de la sorcière cachée dans la chaufferie parce que nous enquêtions avec mes petits voisins, façon club (prononcer clube ;) ) des cinq.

Quand j’étais petite, J’avais peur que mes parents ne montent pas  au paradis avec moi parce qu’ils n’allaient pas à la messe le dimanche et chaque soir dans mon lit, je priais le bon Dieu de faire une exception pour eux.

Quand j’étais petite, je me disputais sans arrêt avec ma petite sœur. Elle me pinçait et je la mordais au point que ma mère a un jour demandé à notre médecin si ce n’était pas parce qu’elle me cuisinait trop de viande. Nous étions tellement jalouses l’une de l’autre que ma mère devait compter les raviolis qu’elle nous servait et que nous recevions en général les mêmes jouets mais d’une couleur différente. Et ça encore c’était motif à dispute.

Quand j’étais petite, je ne connaissais pas ma quatrième sœur.

Quand j’étais petite, on regardait jeux sans frontières les veilles de départ en vacances et on mangeait des briochettes sur une aire de repos pour le petit déjeuner. On passait le mois d’août dans le Sud chez ma grand-mère ; nous allions à la plage avec mon père tandis que ma mère faisait du canevas à l’ombre des pins parasols d’un parc voisin. On jouait à la pétanque et à la belote.

Quand j’étais petite, pour une pièce de un franc, on recevait un mélange d'une pleine poignée de bonbons.

Quand j’étais petite, on mettait la rallonge à la table de la salle à manger lorsque mes  tantes venaient à la maison avec mes nombreux cousins et cousines. C’était le grand ménage et ma mère était très énervée pour tout bien préparer. Nous formions ensuite une sacrée tablée, vorace et bavarde, puis nous allions faire des bêtises dehors. Ou mes cousins m’apprenaient à dire des gros mots en dialecte.

Quand j’étais petite, on s’habillait en orange, en bleu pétrole et en robe à fleurs et les pantalons avaient des pattes d’éléphant. Je m’étais promis de ne jamais en remettre. J’ai menti ;)

Quand j’étais petite, j’étais un garçon manqué qui jouait au foot et grimpait aux arbres. J’avais un abonnement au service des urgences de l’hôpital et je n’hésitais pas à me battre quand on m’embêtait.

Quand j’étais petite, j’étais déjà grosse. Et j’avais des lunettes. Je me battais souvent.

Quand j’étais petite, J'ai eu très peur de « tomber enceinte » parce que j’avais embrassé mon petit copain dans la cours de l’école primaire. Ne vous moquez pas, ce n’était pas un simple bisou mais un baiser sur la bouche !

Quand j’étais petite, il ne suffisait pas d’être la première de la classe pour contenter ma mère, il lui fallait la note parfaite.

Quand j’étais petite, je me levais le dimanche matin pour regarder Candy à la télé. Mais pas  Ulysse 31 parce que mon père ne voulait pas manquer une seule minute de son précieux journal télévisé.

Quand j’étais petite, j’étais déjà angoissée. J’avais souvent mal au ventre et le médecin me bourrait de gels pour l’estomac. Mais les bras protecteurs de ma mère suffisaient alors à calmer mes peurs.



Par pandora - Publié dans : Scènes de vraie vie
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Mardi 20 octobre 2009 2 20 10 2009 00:01
Ecrire pour ne pas craquer...

Sentir poindre l’envie.

Insidieuse ou brutale, mais tenace. Toujours !
Essayer de chasser l’indésirable. Paradoxe sémantique.
Sentir la boule au ventre grossir tandis que l’envie attend.
Sûre d’elle. Tourner pour trouver de quoi s’occuper les mains.
Chercher à penser à autre chose. Mais penser à quoi ?
Sentir la boule fouiller et creuser. Coquille vide.
Résister pour ne pas rouvrir la brèche.
Sentir plus fort l’envie qui seule
fera barrage à l’angoisse.
Juste un petit écart sans conséquence…
Un peu de douceur dans un monde de brutes….
Faire l’inventaire des placards d’après déferlement.
Regretter d’avoir eu la force de ne pas les remplir.
Sentir la boule et l’envie devenir insoutenables.
Tourner comme un fauve frustré en cage.
Sentir le vide arriver, menaçant.
Se voir perdre le contrôle
Chercher à le reprendre.
Penser aux kilos perdus,
aux habits retrouvés.
N’en avoir plus rien à foutre.
Se rhabiller pour sortir, pour s’enfuir.
Acheter sa came au supermarché du coin.
Engloutir pour ne pas se laisser engloutir.
Savourer enfin la douceur de l’abandon.
Céder à l’envie et se remplir.
Sentir poindre la honte.

 


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nanowrimo 2009


Virée à coups de pierres du nanowrimo 2009
pour insuffisance de résultat...

Aquariuuuuuuuuumm

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